Aubaine du jour

Publié dans Lollywood, Tranche de vie le août 20, 2008 par elfée

IGA est probablement l’épicerie qui coûte le plus chère, probablement à cause des récentes rénovations de ses établissements, ajoutées au coût des denrées suite à l’augmentation du prix de l’essence et de la crise alimentaire qui sévissent depuis quelques temps. Maxi se targue d’être la moins chère, Super C fait emballer la marchandise de ses clients par eux-mêmes pour réduire leurs prix et les autres marchands génériques me font éprouver de la méfiance quant à la fraicheur de leurs produits.

Puisqu’il faut physiologiquement se nourrir pour vivre, nous n’avons pas le choix d’investir au quotidien dans l’alimentation. Plusieurs façons d’économiser quelques sous existent, quand on pense aux coupons distribués dans les circulaires, au site web de planification de menu soscuisine ou à l’anorexie. Je vous conseille fortement d’éviter cette dernière façon de faire.

Tandis que je prends un malin plaisir à serpenter les allées du IGA avec mon petit panier de plastique, j’observe d’un œil distrait les achats des autres consommateurs et les produits que je ne consomme jamais puisque je ne suis pas une érudite en matière de cuisine exotique. Bien souvent, je me dirige machinalement vers les endroits stratégiques où se trouvent le yogourt, les pâtes et les pizzas congelées, ne m’accordant peu de variété alimentaire par manque de temps pour cuisiner et élaborer davantage mes menus.

Tantôt, en reluquant la poissonnerie parce qu’il m’arrive parfois de tromper la volaille et le boeuf, j’ai eu envie de voir le coût des divers aliments de la mer pour aucune raison précise. Le poisson est un aliment reconnu pour ses bienfaits au cerveau et pour la ligne, mais outre en salade, je n’ai pas vraiment de recettes pour agrémenter une séduisante darne de saumon. Alors que je louchais vers les brochettes de fruits de mer, mon sens de l’observation a joué en ma faveur alors que j’ai pu apercevoir que tous les paquets de brochettes de crevettes à la noix de coco et au curcuma avaient été victime d’un probable emballeur blasé et maladroit. À 0,03 $ le paquet de trois brochettes, cette faute était nettement dans le budget d’un passant qui sillonne les rues à la recherche de cennes noires et pour un maigre neuf sous, je possède maintenant la totalité desdites brochettes, soit trois paquets.

Reste à savoir si j’aime le mélange noix de coco et curcuma, mais à ce prix-là, même du caviar expiré est plus savoureux que du Kraft Dinner.

Jambes ( )

Publié dans Aléatoire le août 18, 2008 par elfée

Sans mettre la population entière dans le même bateau, je suis certaine qu’à la vue d’une personne obèse morbide, handicapée, naine ou minoritaire, tout le monde s’est déjà trouvé chanceux d’être ce qu’il est, à moins que vous soyez une de ces minorités ou en déficit d’estime personnelle. Attention, je ne dis pas que ces personnes peu choyée par la nature sont automatiquement malheureuses, mais généralement, quand une différence physique est flagrante chez un semblable, ce dernier fait ou a probablement déjà été le bouc émissaire du coin. Malgré tout, si vous faites partie de la population dotée de bon sens, vous vous abstenez de fixer intensément une personne au physique étrange et ne passez pas de remarques désobligeantes à son sujet… devant elle.

Quand j’aperçois une personne handicapée physiquement, j’éprouve bien souvent un malaise qui me force à regarder ailleurs, à l’ignorer. J’ai souvent peur de regarder simplement son corps handicapé au lieu de la fixer droit dans les yeux comme je le ferais avec une personne “normale”.

Quand je vois l’homme en fauteuil roulant, stationné devant les portes du Centre Eaton au métro McGill dans le but de récolter de la monnaie, j’éprouve bien souvent de la pitié pour lui, parce que j’ai l’impression qu’il se sert (ou qu’on se sert) de son handicap pour se faire de l’argent, et que je suis bien impuissante devant son physique rachitique, tremblant et anormal. Je continue alors mon chemin en fixant droit devant moi, faisant fi de son bras qui tente d’amener sa main vers son nez pour soulager une quelconque démangeaison.

S’il y a une particularité physique qui me fait bien sourire par contre, et pour laquelle j’éprouve tout de même de la sympathie pour la personne qui peut en être complexée, c’est bien celle qui fait que les gens semblent tout droit débarquer du Far West. Les personnes qui ont les jambes arquées, et qui de surcroit se déplacent rapidement me font bien marrer. Chez une femme, c’est la disgrâce, chez un homme c’est une virilité mal enlignée. Cette constitution physique me questionne à savoir quelle est la forme du squelette de l’être humain aux parenthèses, ou bien quelles sont les difficultés qu’elle peut éprouver à mettre un pantalon ?

Béate, je laisse ce texte sans conclusion.

La proximité

Publié dans Non classé le août 17, 2008 par elfée

Dans nos coutumes actuelles, et chez les humains, la proximité des êtres est un besoin physiologique et une manière polie de marquer son affection vis-à-vis quelqu’un. Qu’on pense à un enfant qui câline sa mère, un baiser échanger entre amoureux, une franche poignée de main ou encore une bise de salutation, il est inévitable et presqu’inconcevable d’éviter des contacts physiques avec les autres à moins de s’affirmer ouvertement.

Dans ma sphère amicale, certaines personnes ne se gênent pas pour offrir des câlins à qui mieux mieux afin de marquer son affection. La bise, sujet exploité minimalement ici est une de ces façons utilisée fréquemment pour saluer une personne ou la remercier, mais qui demande une certaine invasion de la bulle personnelle d’autrui.

Tristement, j’ai beaucoup de difficulté à entrer physiquement en contact avec quelqu’un, qu’il me soit inconnu ou non. Je ne prends que très souvent l’initiative d’une bise ou d’une poignée de main. Durant la période des Fêtes, j’éprouve toujours un vif malaise quand vient le temps d’embrasser mes parents et lorsque je quitte un endroit où se déroule une fête, je le fais toujours en douce ou promptement afin d’éviter les salutations physiques avec les invités.

Évidemment, certains seront tentés de m’affubler du qualificatif de fille bête et/ou snob, alors que j’éprouve un malaise indescriptible et une certaine gêne à infiltrer et à faire envahir ma bulle. Plusieurs amis penseront que je suis dégoûtée par leur apparence avant que je leur avoue avec gêne que je ne trippe pas sur cette manière. Cependant, je m’efforce parfois d’avoir plus d’initiative et d’aller vers les gens, afin d’avoir l’air d’une fille bien élevée.

Ce qui est génial, c’est qu’avec ce malaise de proximité, je ne pourrai jamais tomber accidentellement enceinte des suite d’un baiser langoureux avec mon amoureux.

Énième texte sur la vie de bureau, parce que c’est ce qui meuble mon quotidien depuis fin juin

Publié dans Job, Tabarnakisme - Fiel déversé le août 13, 2008 par elfée

Où j’offre mes services, des mesures strictes concernant l’usage d’Internet sont implantées depuis quelques temps déjà. Avant d’être à l’affût de ces règles et des mesures disciplinaires prescrites en cas de déloyauté, j’avais l’habitude le midi de consulter les nouvelles, lire quelques blogs et farfouiller sur des sites web concernant divers sujets. Cette période d’accalmie me permettait non seulement de décrocher d’une matinée ennuyante, mais aussi de m’assurer que le monde tournait encore à l’extérieur de mon bureau.

Antérieurement lors de mes précédents emplois, j’appliquais la même médecine pour me désennuyer tout en ayant l’assurance que mon travail avait bien été accompli avant. Pavée de plusieurs temps morts, ma journée se ponctuait bien souvent par du tournage de pouces en règle et quelques lectures aléatoires ici et là sur Internet.

Ayant été mise au courant hier par ricochet d’une collègue se faisant avertir de ne pas utiliser le web à des fins personnelles, j’ai décidé d’appliquer la règle à mon tour, ayant un peu la frousse des conséquences si jamais le pot aux roses venait à être dévoilé et que je me faisais piéger la main dans le sac cybernétique. À ce sujet, plusieurs textes sur Intranet, notamment “Au travail, on ne joue pas !” traitent des règles sévères de l’entreprise, et des statistiques de mai dernier concernant la haute fréquentation des sites de Radio-Canada et Canoë. Les employés sont hautement surveillés, tandis que dans les milieux carcéraux, les malfrats s’amusent au détriment d’être dans l’obligation de travailler.

Misère.

La solitude se fait sentir et l’ennui me tire la langue. Alors que tout le monde se presse avec des dossiers à la main, ou qu’une face de carême marche nonchalamment vers la machine à café, personne ne sait si tout baigne dehors. Sans contact indirect avec mes proches, je me sentais confinée en prison, ayant comme seul contact social mes collègues ordinaires qui se plaisent à gérer moult dossiers ayant trait aux ressources humaines, n’ayant peu de conversation malgré mes questions à développement.

N’ayant rien à faire de mon heure de repas, j’ai mis la main sur la revue Star Système, prêtée par une collègue qui se dit “sauvage”, préférant la lecture à la compagnie. Étant maintenant au courant du déroulement de l’expulsion des jumeaux d’Angelina Jolie, il me restait encore 20 minutes de pause à tuer, toujours sans l’usage du world wide web.

Évidemment, j’ai recommencé à travailler avant l’heure, le cerveau ayant ses limites à ne rien faire.

J’en conclue que:

-soit je suis accro à Internet;
-soit que je sois dépendante-affective n’ayant pas la capacité de m’avoir comme seule compagne;
-j’ai peut-être une problème avec l’autorité et que l’attrait de l’interdit semble très fort;
-je suis plaignarde et rien ne me contente;
-j’aimerais toujours être ailleurs;
-une heure de dîner, c’est trop long;
-je ne mâche pas assez longuement mes aliments;
-cette liste est interminable;
-etc.

Qui n’utilise pas l’Internet au boulot ? QUI ?

Récit d’une journée de marde

Publié dans Job, Tabarnakisme - Fiel déversé le août 12, 2008 par elfée

L’Université du Québec à Trois-Rivière offre des études, du baccalauréat au doctorat, dans le domaine des pâtes et papiers. Si j’avais posé ma candidature pour être admise dans ce programme, je crois que j’aurais pu être créditée dans plusieurs cours après la journée triste et suicidaire que j’ai eue.

De 9h00 à 16h24, j’étais postée devant la déchiqueteuse, à insérer dans le monstre aux dents voraces des centaines de feuilles contenant des données confidentielles. Mon cerveau s’est mis à me supplier de lui octroyer davantage de distractions, mon dos me sommait de m’asseoir, mon entièreté me réclamait du plaisir.

Placée dans le couloir, les employés qui passaient me regardaient de haut, ou me faisaient des remarques telles “encore là ?” ou “ahahaha, on lâche pas”. Bref, les gens étaient surpris, moqueurs ou littéralement impassibles devant la lourdeur morne de ma tâche. Étant productive de nature, j’ai débourbé la charge de travail de mes collègues depuis mon arrivée à cet endroit, et n’ayant plus rien à faire, je dois m’acquitter du sale boulot qui reste.

Sans pitié, mon nouveau patron pour la semaine et demie restante ne dérougissait pas sur les mauvaises blagues à l’allure de harcèlement, notamment en me disant qu’il cherchait quelque chose de plus emmerdant à me donner, ou bien que ce travail aurait très bien pu être donné à une trisomique alors il me l’a décerné, le tout en riant…

Heureusement, mon calvaire achève, et une amie secrétaire dans une autre boîte que la mienne sympathisait avec mon amertume. Par contre, mon ancien colocataire flemmard n’a rien trouvé de mieux à me dire que cette tâche lui semblait ludique.

Moi dit :
j’ai passé la journée à déchiqueter des feuilles
Coloc flemmard dit :
cpas le fun ça?
Moi dit :
euh ? c’tu une question sérieuse ?
Coloc flemmard dit :
ben me semble que c’est le fun de crisser ça dans une machine
Moi dit :
fuck off, toute la journée ? c’est de l’esti de marde ! aucun plaisir ! j’me demande à quoi toutes mes journées d’école me servent si j’suis pognée à déchirer des feuilles sacrament ! c’est tellement pas cérébral j’avais le gout de brailler

Suis-je imbécile de vouloir utiliser mon potentiel à des fins plus utiles que de délester mon patron de paperasse ? Comment des gens peuvent-ils apprécier devenir secrétaire et aspirer à gravir les échelons de ce métier indigne, sous-traité d’esclavage administratif du câlice ?

Je préfère mille fois manger du Kraft Dinner réchauffé durant mes études que de me rabaisser à cette job de marde.

Le drame de Google

Publié dans Aléatoire le août 11, 2008 par elfée

J’ai un ami, un homme assez âgé, qui a une belle philosophie de vie. Il voit le positif dans tout, même dans les moments les plus rough. Au quotidien, il s’amuse, court les événements mondains, s’occupe de ses animaux, distribue des friandises aux mendiants, bref, c’est un marchand de bonheur qui peut paraître assez cinglé pour toute personne terre-à-terre.

Depuis plusieurs années, il vivait une idylle avec une fille de trente ans plus jeune que lui, soit mon âge. Cette fille habitait dans une autre province que le Québec, et leur relation renaissait seulement durant les vacances alors qu’elle venait passer du temps avec lui. Dans ces moments, nul n’était joignable; ils passaient le plus clair de leur temps lové et ne vivaient que l’un pour l’autre. Malgré la distance, ils se vouaient un amour assez fort, mais les kilomètres avaient raison de leur quotidien.

Mon ami aimait profiter du temps qu’ils avaient ensemble, il trouvait les minutes paradisiaques en compagnie de la jolie blonde et ses yeux étincelaient quand il me parlait de leurs vacances des Fêtes. Parfois, durant l’année, ils se donnaient un coup de fil où ils discutaient durant des heures, puis se disaient au revoir jusqu’au prochain appel.

Un jour, alors qu’elle ne répondait pas au téléphone après plusieurs coups de fil, il eut l’idée de taper son nom dans Google. Il apprit dans le quotidien de la ville natale de la demoiselle son décès soudain et mystérieux, des suites d’une bactérie contractée le vendredi, qui eut raison d’elle le dimanche suivant à l’hôpital.

Noël 2007 fut leurs derniers moments de paradis. Imbibé de bonheur, mon ami persiste à le semer autour de lui et à le croire perpétuel.

Pourquoi n’ai-je jamais pris le large

Publié dans Tranche de vie, Voyage le août 7, 2008 par elfée

Récemment, mon amie Judith me confiait qu’elle avait fait une demande afin d’obtenir un visa vacances/travail afin de tout sacrer là et ainsi partir au loin, en espérant acquérir un sentiment de liberté. Cette décision spontanée fait suite à son retour de voyage, il y a environ 1 mois.

Après plus de deux ans à nous dire qu’elle comptait partir en Écosse durant la saison estivale et qu’elle ramassait ses sous, elle a décidé de prendre sa Visa et ses claques pour s’envoler vers la destination européenne, son tout premier voyage. À ses dires, “la vie est trop courte pour avoir un bon crédit” ou encore “si t’attends d’avoir de l’argent pour voyager, tu voyageras jamais”. Deux semaines au pays de Nessie furent bien suffisantes pour qu’elle y trouve l’amour, et attrape la piqûre des périples; son retour fut donc brutal. Reine des coups de tête, Judith a d’ailleurs un immense tatouage qui couvre le 3/4 de son dos, effectué l’an dernier alors qu’elle mis la main sur un bonus monétaire au travail.

Judith m’affirma qu’elle n’en pouvait plus d’avoir à payer des comptes et un loyer, et qu’elle n’en pouvait plus des mêmes patterns amoureux qui la suivaient sans cesse. Le coeur gros, elle me confia qu’elle se sent forte 20 minutes, et que les 20 suivantes elle accuse le fichu motton dans la gorge. Le processus est enclenché et elle doit commencer à faire le deuil de ses amis, de ses objets mis en vente, de ses habitudes quotidiennes et de son travail. Elle souhaite ne plus avoir à penser, et à marcher sur la mystique planète en ne songeant à rien.

De mon côté, il y a belle lurette que je rêve d’une vie de bohémienne, baluchon à l’épaule, sans destination fixe, à trouver refuge n’importe où et me nourrissant de ce que je peux trouver, quitte à devenir serveuse ici et là durant un court laps de temps afin de me payer de quoi vivre. Du même coup, découvrir le monde autre que celui qui nous gravite autour me semble être la chose la plus attrayante possible, malgré les risques inhérents à la survie, et tant qu’à y être, apporter un peu d’aide humanitaire à ces pauvres gens plus en mal que moi.

Un jour, une personne sensée m’avait fait prendre conscience que peu importe où on se réfugie, les problèmes nous attendrons toujours à notre retour, quitte à s’être empirés. La vie peut être plus belle ailleurs, sauf que tout homme a son port d’attache ancré dans ses mœurs et ne peut en faire abstraction. Du coup, faire face à ses monstres au lieu de les fuir demeure la meilleure solution en dépit des rêves de voyage et d’aventure qui tendent à faire croire qu’ils feront office de bouton reset.

La vie s’affronte à plein gueule: on peut se pousser d’un Hells Angels, mais lui ou sa bande auront tôt fait de nous retrouver et de nous liquider.

Carpe diem aka fuck off

Publié dans Tabarnakisme - Fiel déversé, École le août 6, 2008 par elfée

Les grands rockeurs l’ont chanté, la société des poètes disparus le prônait, mais l’appliquer est souvent tumultueux quand la roue du hamster tourne constamment alors que l’angoisse des prochaines semaines s’installe et déconne.

Vivre au jour le jour, lâcher prise, est évidemment la meilleure chose à faire dans le but de profiter pleinement de la plénitude quotidienne et de préserver sa santé mentale. De toute évidence, vivre sa vie dans le jet lag n’apporte que des désagréments et empêche de profiter des petits bonheurs journaliers. Adepte de la spontanéité et du mirobolant, je suis la première à apprécier les innatendus et à pester contre la routine. Je suis aussi de celles qui se projette dans l’avenir avec des ambitions spectaculaires et qui se démène comme un diable dans l’eau bénite en accusant d’une semaine de vacances en 8 mois et en trimant dur comme le fer afin de me sortir d’un pétrin aigu.

Depuis vendredi dernier, alors que l’Aide financière aux études m’annonce qu’elle me coupe drastiquement les vivres alors que je n’ai même pas encore déclaré mes revenus estivaux me fait flipper. Comment vais-je réussi à étudier tout en ayant l’assurance de payer mon loyer, mes comptes et de quoi me nourrir minimalement avec une rente inférieure à mes coûts mensuels ? Bien entendu, des solutions s’imposent, tel que de faire moins de cours par session et de travailler davantage. Mais ai-je envie de terminer un simple DEC dans 3 ou 4 ans, sans être certaine d’apprécier pleinement mon domaine d’études, tout en ayant un boulot que je déteste et en trimant 45 heures par semaine sans compter les travaux scolaires ? Bonjour impasse.

Ces interrogations qui vous sont probablement indifférentes parce que chacun vit sa misère, sont pour moi une préoccupation constante ces derniers jours. Alors que je revenais à la maison dans un métro bondé, j’ai dû contrôler une éminente crise d’anxiété qui me tenaillait, chose que je n’avais pas vécue depuis 3 ans alors que mon moral était au plus bas. Comment vivre au jour le jour tandis qu’il est for possible que je pète un câble au beau milieu du mois de novembre à force de travailler sans profiter du fruit de ma labeur, voire même avoir peine à payer mes comptes ? Tout ça à cause de l’Aide financière aux études qui trouve que de recevoir 4 000 $ par année pour subsister, c’est trop. Surtout que j’aurai probablement à leur rembourser le quart de ma dette totale en surplus.

Sans être l’as du contrôle, j’aimerais avoir le sentiment de pouvoir compter sur la diligence des sous qui vont atterrir dans mon compte et vont me permettre d’avoir l’esprit centré sur mes études, au lieu de ma survie. Est-il utopique, à 24 ans, d’aspirer à une vie décente tout en étant une fille droite qui veut aller loin et qui ne crosse pas la société comme tous ces b.s. qui travaillent au noir ?

Je rêve maintenant de dire fuck off à l’avenir et de profiter amplement des minutes qui filent et que je ne savoure pas avant de me réveiller tantôt à 50 ans.

J’aimerais ne pas avoir à penser à demain.

Drysol, où le fait de se sentir comme un gamin dans une Pampers

Publié dans Tranche de vie le août 3, 2008 par elfée

Le jour où l’homme inventa la roue, le monde fut chamboulé par cette innovation et aucun quidam ne pourrait clâmer qu’il roule sur des pneus carrés, lui. Au quotidien, plusieurs inventions nous facilitent la vie, et par habitude, nous ne remarquons plus vraiment leur utilité, dû à une utilisation machinale.

Depuis l’adolescence, les étés et les moments stressants étaient pour moi une source de frustration puisque je ne pouvais pas porter de vêtements colorés, non pas par contrainte religieuse. Je souffrais en fait d’hyperhydrose. Dans le métro bondé, alors que la sudation était à son paroxysme et que les gens s’agglutinaient contre le poteau, je redoutais le moment où je devais lever mon bras pour me tenir aux barreaux du plafond.

Le noir amincissait certes, mais il ternissait mon teint de pêche et carbonisait mon âme de jeune pubère en quête d’identité vestimentaire. Jamais je n’ai eu l’idée d’adopter le style gothique, mais je me devais de ne pas lever mes bras d’un angle de plus de quarante-cinq degrés. Un jour, alors que j’avais un rancard, je m’étais collée deux essuie-tout aux aisselles, souhaitant que ces derniers absorbent ma sueur afin que mon chandail moulant ne s’affuble pas de cernes foncés. Ce soir-là, je n’avais pas prévu rentrer chez ledit garçon, et due discrètement passer aux toilettes afin de me défaire de mon invention ingénieuse.

Partageant mon mépris contre la chaleur avec mes copines, nous sympathisions toutes deux, et une once de soulagement m’aspergea l’esprit alors que je sus que je n’étais pas seule à vivre cette difficulté gênante.

Alors que mon amour pour les gilets moulants grandissait, et que je m’empêchais de balloter mes bras en marchant, je m’étais confiée un jour à une amie for sage qui me parla de Drysol, comme on parle d’arrangements funéraires devant un café à un nouveau retraité. Tout de go, je m’étais dirigée au Pharmaprix afin de m’enquérir de la fiole magique à 25 $ et le soir-même je testai le produit sereine et heureuse.

Mes aisselles crachaient le feu et mes jambes convulsaient par elles-mêmes. J’avais envie de m’arracher les dessous de bras et de manger un piment jalapeno pour changer le mal de place. Alors que l’aluminium bouchait mes glandes sudoripares, ma peau s’irritait et me démangeait comme je n’avais jamais vécu auparavant. Malgré tout, respectant l’adage qui dit qu’il faut “souffrir pour être belle”, je m’étais endormie tout de même avec le coeur qui palpite, et la peau qui crépite. Toujours est-il, après une utilisation hebdomadaire moins tortueuse maintenant, mes aisselles sont aussi sèches que la gorge d’un ivrogne en sevrage.

Depuis ce jour, j’ai enfin pu réussir mes études puisque je n’étais plus gênée de lever ma main en classe. J’ai pu réclamer les lots que je gagnais au bingo puisque je n’avais plus peur de gesticuler à la vue et au su des têtes blanches.

Drysol m’a rendue instruite et riche.

Rire du malheur des autres

Publié dans Actualité, Aléatoire, Tranche de vie le juillet 31, 2008 par elfée

Depuis cette semaine, plusieurs publicités racontant un malheur en une seule phrase parsèment le métro de Montréal et les panneaux publicitaires sur les routes de la métropole. Ces affiches disant « Avoir une chanson plate dans la tête » ou encore « Seul un samedi soir » et notamment « Pris dans la circulation » me font sourire et m’interroge sur le message social qu’elle veut bien nous transmettre. Étant écrite en noir sur fond blanc, avec un quadrilatère bleu, je soupçonne une publicité de l’UdeM, mais j’avoue que je demeure dans le néant le plus vaste.



Tout de même, après chaque sourire, je constate sans surprise qu’il est bon et commun de rire du malheur des autres. Je me souviens que Pierre Bruneau avait dit à l’époque qu’une nouvelle est d’autant plus intéressante si elle est négative et il imageait son affirmation en donnant comme exemple la célèbre question « Comment ça va ? », posée par un peu tout le monde lors d’une rencontre, et que quand l’interlocuteur répondait mal, le locuteur questionnait la personne à savoir la raison. Dans le cas contraire, une conversation débutait sur un tout autre sujet.



Ce midi, seule à mon bureau, je mangeais mes pâtes préparées la veille comme une championne. Vivant avec une nouvelle colocataire depuis peu, je dois m’accommoder à ses habitudes, dont celle de laisser sécher la vaisselle après son lavage. Faire la vaisselle à moitié implique bien entendu un gain de temps, mais tristement, ce midi mes pâtes goûtaient le Palmolive, ce qui m’a dégoûtée et laissée sur ma faim. Je n’ai pu m’empêcher de me dire que je pouvais maintenant péter de la broue, mais personne n’était là pour applaudir ma plaisanterie d’un goût aussi douteux que mon repas.



De surcroît, et comble de malchance, ma fourchette s’est délibérément brisée dans ma nourriture rosée, ce qui aurait pu faire un sketch hilarant pour les insipides capsules Juste pour rire.

Le malheur des autres réjouit souvent les uns, ou fait parler de ces mêmes uns si on pense à l’affaire Mike Ward que vous connaissez sans doute. Dans la désuète émission Drôles de Vidéos, on voyait régulièrement des prises de vue où les gens trébuchaient et se blessaient sérieusement. Les rires en canne camouflaient les cris d’horreurs des auditeurs, toujours en quête d’une situation malheureuse pour les distraire, voire les faire rire.



À quel moment le malheur de quelqu’un peut-il être considéré comme amusant en dépit des fatalités qu’il arrive à un peu tout le monde. Même s’il m’arrive de faire des farces trash avec l’affaire Cédrika Provencher et que je ne prends pas sincèrement mes calembours au pied de la lettre, est-ce qu’une certaine éthique existe chez les humains à ce niveau ?